TRS : Qu’est-ce que le TRS ?

Le taux de rendement synthétique (TRS) est un indicateur clé dont l’analyse aide à obtenir à la fois la performance et les plans d’action pour l’optimisation. À ce titre, il se présente comme un outil d’investigation efficace, notamment lorsqu’on souhaite augmenter l’efficacité globale d’une usine. La mise en œuvre d’une démarche ciblée d’amélioration du TRS permet le plus souvent d’optimiser la productivité, mais aussi de dégager des capacités. Le tout, en retardant l’investissement dans des équipements supplémentaires ou bien le remplacement de certains équipements considérés comme étant peu performants. Je vous dis tout ce qu’il faut savoir sur le taux de rendement synthétique.

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Article rédigé par Yann NABUSSET

TRS : définition

Afin d’avoir une connaissance précise de la situation et mettre en place des actions d’amélioration, la Total Productive Maintenance (TPM) a lancé un indicateur intégrant l’ensemble des composantes du rendement machine : il s’agit du TRS. Celui-ci est assurément l’un des indicateurs les plus suivis dans le monde de l’entreprise. En un seul chiffre, il vous offre la possibilité d’avoir d’une vision synthétique et sévère de la performance. Permettant ainsi une vision éclairée des réalisations de l’usine de production.

L’objectif global d’une entreprise appliquant la TPM est bien évidemment de réduire le temps de réglage ainsi que les temps d’arrêt par unité de production. Le taux de rendement synthétique s’inscrit ainsi dans une optique d’amélioration des performances de l’outil de production. C’est une démarche qui cible la perte de production sous toutes ses formes : pannes, défauts d’équipements, ralentissements, changements de série, non-qualité, manques matière… Le TRS se donne ainsi pour objectif d’étudier et de diminuer la fréquence de maintenance des équipements dans le but d’aboutir à une meilleure qualité de production.

Pour y parvenir, cette démarche se base sur une forte implication du personnel opérateur, en permanence avec les équipements. En mettant à sa disposition des moyens pour faire intervenir les services supports sur les éventuelles failles, l’outil de production ne sera qu’optimisé. De même, il sera plus fiable, plus rentable, mais également beaucoup plus performant. On assiste alors à l’optimisation de l’ensemble des processus de production.

Exprimé en %, le TRS désigne la proportion de temps durant laquelle de bonnes pièces sont produites par la machine. Une ligne de fabrication avec un taux de rendement synthétique de 40 % ne produit ainsi des pièces bonnes pour le client que 40 % de sa durée d’utilisation. Les 60 % autres sont alors des pertes de production auxquelles il faudra remédier au plus vite. En parallèle, le fait de multiplier le TRS par le taux de charge permet d’obtenir un taux de rendement global (TRG). Celui-ci vous aide à avoir une vue globale sur la santé économique de l’activité de l’entreprise.

trs industrie
Le TRS permet une utilisation optimale des équipements industriels

La composition du TRS

Le taux de rendement synthétique comprend trois éléments :

  • la disponibilité de l’équipement,
  • la performance de ce dernier,
  • la qualité fournie.

Chacun de ces éléments peut être représenté par un taux propre : taux de disponibilité, taux de performance et taux de qualité.

Le TRS, composé de différents éléments, offre une vision à la fois simple et synthétique. Tous ces éléments sont condensés en un seul chiffre exprimé en pourcentage autorisant le pilotage et la décision. Il s’agit d’un excellent indicateur pour le management. C’est un indicateur sévère dans la mesure où la multiplication des fractions entre elles fournit un résultat ne pouvant être supérieur à la plus petite des fractions.

Par exemple, le taux de disponibilité peut être à 90 % (0,90), le taux de performance est à 95 % (0,95) et le taux de qualité est estimé à 88 % (0,88). Le TRS sera alors égal à 0,9 × 0,95 × 0,88 = 0,752 soit 75,2 %. Le taux de qualité sera ainsi supérieur au résultat.

D’un point de vue opérationnel, cela veut dire que la baisse d’un de ces taux intermédiaires impacte considérablement le taux de rendement synthétique. À l’inverse, il est possible de partir du TRS et de le scinder en différents composants. En réalité, la vision synthétique de cet indicateur ne nous donne pas la possibilité d’identifier la composante limitant le plus sa valeur. La décomposition en taux intermédiaires peut alors être une bonne option pour faciliter la compréhension, effectuer des analyses ou bien définir le levier d’optimisation le plus pertinent.

Le TRS est un indicateur synthétique et composite. Sa force constitue aussi sa faiblesse. Pour faire le bon choix de levier d’action, vous devrez ainsi analyser ses composantes.

Comment calculer le TRS ?

Pour mieux comprendre les applications et l’usage du TRS, voici ce qu’il faut retenir.

Le TRS pour la prise des bonnes décisions

Le TRS figure parmi les outils de mesure propres à la TPM. C’est une démarche régie par la norme AFNOR NF 60–182 et entreprise dans le but d’obtenir des données pouvant aider à la prise de décision. Ceci se déroule dans le cadre de l’optimisation de la productivité des machines et de la chaîne de production.

Le taux de rendement synthétique s’établit en divisant le nombre de pièces conformes produites par le nombre de pièces réalisables sur le plan théorique durant le temps requis. Ce dernier désigne la durée de mise à disposition de la machine lors de la période de production.

Optimiser la productivité

Une amélioration du TRS est synonyme de réduction de toutes les pertes de temps au niveau de la chaîne de production. Le temps requis est ainsi converti en temps utile, soit la disponibilité des machines pour la production. La TPM considère ces pertes de temps comme des pertes participant au taux de disponibilité, au taux de performance et au taux de qualité.

Celles qui affectent le taux de disponibilité sont notamment les arrêts propres fonctionnels, les arrêts induits ainsi que les arrêts d’exploitation. Les pertes qui contribuent au taux de performance sont causées par les ralentissements, les petits arrêts, les marches à vide… Enfin, le taux de qualité peut être impacté par les défauts de qualité, mais également les pertes de qualité lors du démarrage des machines.

taux de rendement synthétique
Taux de rendement synthétique

L’analyse du TRS pour répondre aux besoins du marché

Pour être plus agiles et plus aptes à répondre aux nombreuses commandes, les entreprises sont obligées d’optimiser leur productivité, leur réactivité ainsi que la qualité de leur production. Elles doivent aussi diminuer leurs délais de livraison et leurs coûts. Dans un contexte de plus en plus exigeant, le taux de rendement synthétique se présente comme un outil clé afin d’atteindre ces objectifs.

En plus d’être un indicateur de résultat, c’est également un indicateur de pilotage. La norme AFNOR NF 60–182 définit d’ailleurs le vocabulaire ainsi que la méthode de calcul de ce taux. Cela facilite d’ailleurs la vérification de la pertinence. Toutes les entreprises répondant à la norme, clients et fournisseurs ont aussi la capacité de faire une comparaison de leurs performances mesurées de la même manière.

Le calcul du TRS

Afin de mesurer le TRS, il est important d’effectuer le prélèvement d’un échantillon en prenant au hasard un volume de pièces adaptées au processus de production. Le calcul se fera alors de la façon suivante : TRS = temps utile/temps requis.

Le temps utile désigne le temps effectif pendant lequel l’équipement produit de bonnes pièces à une cadence normale. Il est obtenu en faisant la multiplication du nombre de pièces bonnes et du temps de cycle sec de l’équipement de production. Quant au temps requis, c’est la durée théorique durant laquelle l’équipement produit des pièces bonnes à sa cadence normale. Il s’agit d’un indicateur d’efficacité d’une ligne de production.

Il est aussi possible de calculer le TRS de la manière suivante : nombre de pièces bonnes produites/nombre de pièces théoriquement réalisables. Plus l’indice de TRS est proche de 100 % et plus l’efficacité de la ligne sera meilleure.

Site internet permettant de calculer votre TRS : calculette trs

TRS : méthodologie

Il existe différentes méthodes de saisie pour la mesure du TRS : le mode manuel, le mode semi-automatique et le mode automatique.

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Qu’est-ce que le taux de rendement synthétique

Le mode manuel

La saisie manuelle est la méthode la plus simple et la plus rapide à mettre en œuvre. Il s’agira ici de compléter des fiches de relevés préremplis. Ces fiches servent soit au relevé des données (production, défauts, temps…), soit au temps d’arrêt dans le cadre d’une analyse ciblée de l’amélioration du TRS.

Afin de faciliter la tâche aux opérateurs, le formulaire doit être formaté pour être plus simple d’utilisation. Cela permet par la même occasion d’éviter toute ambiguïté lors du remplissage ou de l’exploitation. Il faut le plus souvent s’arranger pour que les opérateurs aient le moins d’écritures possible, particulièrement avec un report des occurrences d’un phénomène par bâtonnage (microarrêt). Les arrêts les plus longs requièrent une annotation de leur durée, de l’heure de début et de l’heure de fin. Les données relevées seront par la suite saisies à nouveau dans un système informatique pour leur exploitation. Les opérateurs doivent être formés au préalable pour réussir le remplissage des fiches.

Bien que la méthode manuelle soit facile et rapide à mettre en œuvre, elle est longue et fastidieuse. De même, il n’est souvent pas facile d’assurer la fiabilité ainsi que l’exhaustivité des relevés.

Le mode semi-automatique

Le mode semi-automatique consiste en une aide à la saisie des causes via différents moyens : codes-barres, boutons préprogrammés, claviers… Le niveau plus abouti de cette méthode est l’acquisition automatique de la durée d’arrêt. Les opérateurs sont ainsi tenus d’indiquer la cause de cet arrêt ainsi que l’interdiction de redémarrage tant que le motif d’arrêt ne sera pas connu.

Le mode semi-automatique est à la fois fiable et pratique pour les opérateurs chargés de la supervision. Sa mise en œuvre requiert toutefois un investissement matériel conséquent et de la rigueur.

Le mode automatique

Le mode de saisie automatique se base sur un système de « mouchard » rapporté ou directement disponible au niveau de la machine. Le système de relevé dialogue avec le calculateur de l’équipement ou effectue un relevé des états des capteurs placés judicieusement. Cette méthode consiste donc à développer un système informatique personnalisé ayant la capacité de chercher les informations dans les automates du système de production. Le développement se fait sur la base d’un cahier des charges rédigé en amont pour le compte du service automatique. Le document en question décrira le fonctionnement complet du système à déployer.

C’est une méthode à la fois rapide et sans faille. Il faudra toutefois tenir compte du temps de développement et de la disponibilité du service informatique pour sa réalisation. De même, lorsque la saisie est réalisée par addition de capteurs, sa réalisation peut être complexe étant donné que toutes les informations ne sont pas toujours accessibles. Elle est enfin lourde en termes d’investissement. Par conséquent, on ne peut l’envisager que sur des machines fortement automatisées où l’obtention des informations est aisée.

Le TRS figure parmi les chiffres clés de l’activité et de l’efficience d’une entreprise. Grâce à la capture des données de production indispensables pour une analyse détaillée, il participe considérablement à une optimisation continue de la productivité. Si vous envisagez de recruter des professionnels de l’industrie ? Contactez-nous 👇

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Publié le 22 avril 2022