Quels sont les salaires dans la logistique ?

Vous cherchez à savoir combien payer un responsable d’exploitation, ou si l’offre que vous venez de recevoir est correcte. Vous allez trouver la réponse ici, mais vous allez aussi trouver autre chose : pour chacun des 22 métiers de cette étude, nous publions le niveau de tension du marché et le délai réel qu’il faut pour recruter.

C’est ce qui manque à toutes les grilles de salaires en circulation. Savoir qu’un exploitant transport se paie entre 34 000 et 42 000 euros ne vous dit pas que ce poste vous prendra sept semaines à pourvoir, quand un chef de projet logistique bien mieux rémunéré se signe en cinq. Cette information change pourtant tout, aussi bien pour construire une offre que pour négocier son salaire.

Notre méthodologie

Cette étude ne compile pas des offres d’emploi publiées ni des salaires déclarés par des salariés. Elle repose exclusivement sur les recrutements que nous menons.

Recrutements analysés127
Entretiens candidats menés sur la période700
Candidats en base au moment de l’étude55 000
Période couverteAoût 2025 à août 2026
Périmètre géographiqueFrance métropolitaine
Contrats couvertsCDI et CDD
Nature des montantsRémunération brute annuelle, part variable incluse
AuteurYann Nabusset, fondateur d’Amalo

Deux colonnes méritent une explication, parce qu’elles n’existent dans aucune autre étude de rémunération publiée en France.

L’indice de tension est noté de 1 à 5 par les consultants qui ont mené les recrutements. Un poste noté 1 se pourvoit sans difficulté particulière, avec un vivier de candidats disponibles et un choix réel pour l’employeur. Un poste noté 5 relève de la pénurie structurelle : peu de candidats en recherche active, approche directe indispensable, et contre-propositions systématiques de l’employeur actuel au moment de la démission.

Le délai moyen correspond au temps constaté entre le lancement de la mission et la signature du candidat, et non à la seule durée de recherche.

Les fourchettes publiées sont des ordres de grandeur. Le secteur d’activité, la taille de l’entreprise, la dimension internationale et les compétences rares peuvent faire varier une rémunération de 15 à 30 % à expérience équivalente.

Ce qu’il faut retenir

La logistique reste une filière à très forte amplitude. Entre un préparateur de commandes qui démarre à 22 400 euros et un directeur logistique qui peut atteindre 200 000 euros, peu de secteurs offrent une telle progression de carrière à ceux qui restent.

La tension se concentre massivement sur le transport. Le chauffeur poids lourd est le seul métier de la filière à atteindre le niveau maximal, et les fonctions d’exploitation, d’affrètement et de douane affichent les délais de recrutement les plus longs, sept à huit semaines contre quatre pour l’encadrement.

Les métiers techniques et de projet se sont en revanche nettement détendus. Ingénieur logistique, ingénieur méthodes, chef de projet : ces fonctions autrefois disputées se pourvoient aujourd’hui sans difficulté majeure, avec un vivier de candidats disponible.

Enfin, les packages cadres progressent de 5 à 8 % par an depuis 2022. Une grille qui date de deux ans est aujourd’hui décalée d’une quinzaine de points par rapport au marché, ce qui suffit à faire échouer un recrutement dès la phase d’approche.

La grille des salaires de la logistique et du transport

Tous les montants sont en euros bruts annuels, part variable incluse, pour un poste à temps plein en France métropolitaine.

PosteStatutDébutant (0 à 3 ans)Intermédiaire (3 à 8 ans)Senior (plus de 8 ans)TensionDélai moyen
Préparateur de commandesEmployé22 400 à 26 000 €23 000 à 26 000 €26 000 à 30 000 €4/5n.c.
Cariste (CACES 1/3/5)Employé22 400 à 26 000 €24 000 à 29 000 €29 000 à 40 000 €4/5n.c.
Assistant logistiqueEmployé24 000 à 28 000 €28 000 à 32 000 €32 000 à 38 000 €2/53 sem.
Coordinateur logistiqueEmployé30 000 à 38 000 €38 000 à 50 000 €50 000 à 70 000 €2/54 sem.
Responsable de dossier logistiqueCadre32 000 à 40 000 €40 000 à 52 000 €52 000 à 62 000 €3/55 sem.
Chef d’équipe logistiqueAgent de maîtrise28 000 à 32 000 €30 000 à 38 000 €35 000 à 45 000 €3/55 sem.
Responsable d’exploitation logistiqueCadre40 000 à 50 000 €48 000 à 70 000 €65 000 à 87 000 €3/54 sem.
Responsable logistiqueCadre42 000 à 55 000 €50 000 à 70 000 €70 000 à 90 000 €3/54 sem.
Directeur de site logistiqueCadre50 000 à 65 000 €65 000 à 87 000 €85 000 à 120 000 €3/56 sem.
Directeur transportCadre60 000 à 80 000 €80 000 à 110 000 €110 000 à 150 000 €3/56 sem.
Directeur logistiqueCadre dirigeant70 000 à 100 000 €90 000 à 130 000 €120 000 à 200 000 €3/56 sem.
Chauffeur livreur VLEmployé22 400 à 26 000 €26 000 à 30 000 €30 000 à 36 000 €4/5n.c.
Gestionnaire transport externeAgent de maîtrise24 000 à 28 000 €28 000 à 32 000 €32 000 à 38 000 €4/56 sem.
Chauffeur PL / SPLEmployé28 000 à 33 000 €32 000 à 38 000 €36 000 à 45 000 €5/5n.c.
Exploitant transportAgent de maîtrise28 000 à 34 000 €34 000 à 42 000 €42 000 à 52 000 €4/57 sem.
AffréteurEmployé28 000 à 35 000 €35 000 à 45 000 €45 000 à 55 000 €3/58 sem.
Responsable transportCadre42 000 à 52 000 €52 000 à 70 000 €70 000 à 90 000 €3/54 sem.
Déclarant en douaneAgent de maîtrise28 000 à 34 000 €34 000 à 44 000 €44 000 à 55 000 €4/57 sem.
Ingénieur méthodes logistiqueCadre35 000 à 42 000 €42 000 à 55 000 €55 000 à 70 000 €2/55 sem.
Chef de projet logistiqueCadre38 000 à 48 000 €48 000 à 62 000 €62 000 à 80 000 €2/55 sem.
Ingénieur logistiqueCadre38 000 à 48 000 €48 000 à 65 000 €65 000 à 90 000 €2/56 sem.
Consultant logistiqueCadre42 000 à 55 000 €55 000 à 80 000 €80 000 à 130 000 €3/54 sem.

Où se situe la tension dans la filière

Famille de métiersTension moyennePostes évalués
International et douane4.00/56
Exploitation entrepôt4.00/512
Transport3.83/56
Encadrement3.00/513
Direction3.00/57
Conseil3.00/51
Coordination2.50/57
Technique et projets2.00/53
Support2.00/57

Le classement est sans ambiguïté. Le transport et l’exploitation d’entrepôt concentrent la difficulté, avec des viviers qui se réduisent année après année sous l’effet d’une pyramide des âges défavorable et d’un déficit d’attractivité que le secteur peine à corriger. À l’autre bout, les fonctions techniques et de projet sont devenues confortables à recruter.

Cette inversion mérite qu’on s’y arrête. Pendant des années, les entreprises ont considéré que les postes d’ingénieur et de chef de projet logistique étaient les plus difficiles à pourvoir, et que l’exploitation se recrutait facilement. C’est aujourd’hui l’inverse. Les écoles ont formé en volume sur les fonctions de conception et de pilotage, pendant que les métiers de terrain, plus exigeants en conditions de travail, se vidaient.

Les métiers de l’exploitation et de l’entrepôt

Le socle opérationnel de la filière, celui qui représente le plus gros volume d’emplois et les rémunérations les plus contraintes.

Le préparateur de commandes et le cariste démarrent tous deux au niveau du salaire minimum, avec une progression qui dépend surtout du secteur et des horaires. Sur des activités spécifiques comme la pharmacie, le frais ou le surgelé, et avec des horaires postés, le package total peut dépasser sensiblement le fixe affiché. Le cariste titulaire des CACES 1, 3 et 5 dispose d’une marge de progression nettement supérieure, jusqu’à 40 000 euros sur des profils très expérimentés dans des environnements exigeants.

Ces deux postes affichent une tension de 4 sur 5. C’est le paradoxe de l’entrepôt : ce sont les métiers les moins bien rémunérés de la filière, et pourtant parmi les plus difficiles à pourvoir durablement.

Le chef d’équipe logistique constitue le premier palier d’encadrement, et reste un excellent tremplin. C’est le poste où l’on apprend le management, et les entreprises le savent : elles recherchent souvent des profils issus du terrain plutôt que des diplômés.

Les métiers du transport

C’est la famille la plus tendue de la filière, à 3,83 de moyenne, et celle où les délais de recrutement s’allongent le plus.

Le chauffeur poids lourd atteint le niveau maximal de tension. La pénurie est chronique, liée à une pyramide des âges très défavorable et à une demande qui reste soutenue. Les rémunérations progressent selon le permis détenu, l’ancienneté et le type de transport, sans compter les indemnités de déplacement qui s’ajoutent au package.

L’exploitant transport et le déclarant en douane affichent tous deux des délais de sept semaines, parmi les plus longs de l’étude. Ce sont des métiers techniques, peu visibles, sur lesquels les candidats sont rarement en recherche active. L’approche directe est indispensable.

Le responsable transport et le directeur transport se recrutent plus facilement, à 3 sur 5, avec des délais de quatre à six semaines. La rareté se déplace donc vers le bas de la hiérarchie, ce qui est contre-intuitif mais cohérent avec ce que nous constatons sur l’ensemble de la filière.

Les métiers de l’encadrement et de la direction

Le responsable d’exploitation logistique reste le cœur de métier des prestataires, avec une fourchette très large qui dépend directement de la taille du site, du nombre de niveaux hiérarchiques managés et de la complexité du dossier client. Le responsable logistique, lui, pilote souvent toute la fonction dans des entreprises qui n’ont pas de direction dédiée.

Ces postes se recrutent en quatre semaines environ, avec une tension modérée. C’est une bonne nouvelle pour les employeurs, mais elle a une contrepartie : le vivier disponible signifie aussi que vos propres cadres sont sollicités, et qu’une rémunération décalée par rapport au marché se paie en turnover plutôt qu’en difficulté de recrutement.

Le directeur logistique culmine à 200 000 euros sur les grands groupes industriels. Pour le détail de cette fonction, voir notre étude de rémunération du directeur logistique et celle du responsable logistique.

Les écarts entre bassins d’emploi

À poste et expérience équivalents, voici les écarts que nous constatons par rapport à la moyenne nationale.

Bassin d’emploiÉcart vs moyenne nationale
Île-de-France+8 %
Auvergne-Rhône-Alpes (Lyon, Saint-Étienne)moyenne nationale
Région nazairienne et nantaise–2 %
Vallée de la Seine (Le Havre, Rouen)–3 %
Nord-Est (Strasbourg, Mulhouse)–3 %
PACA (Marseille, Fos)–6 %
Toulouse et Sud-Ouest–6 %
Bretagne–7 %
Hauts-de-France (Lille, Lens, Cambrai)–9 %
Normandie (hors vallée de la Seine)–12 %

Vingt points séparent le bassin le mieux rémunéré du moins bien rémunéré. L’Île-de-France conserve une prime de 8 %, plus faible que sur d’autres fonctions parce que la logistique s’exerce en région, là où sont les entrepôts. Le bassin lyonnais s’aligne exactement sur la moyenne nationale, ce qui en fait le meilleur point de comparaison pour calibrer une offre.

Un point contre-intuitif mérite d’être signalé : les bassins logistiques les plus denses ne sont pas les mieux payés. Les Hauts-de-France, poumon logistique du nord de l’Europe, restent 9 % sous la moyenne nationale. Densité d’activité et niveau de rémunération sont deux choses distinctes, et un employeur qui raisonne uniquement par comparaison régionale passe à côté de l’essentiel.

Ce que nos consultants observent

Préparateur de commandes. C’est le poste parfait pour débuter dans la logistique si vous n’avez pas de diplôme.

Chef d’équipe logistique. C’est le poste parfait pour apprendre le management.

Ce qui fait basculer une fourchette

À poste et expérience identiques, l’écart entre le bas et le haut de fourchette atteint couramment 30 %. Voici ce qui l’explique concrètement en négociation.

La maîtrise d’un système de gestion d’entrepôt reste le différenciateur le plus fort. Un profil qui a piloté un déploiement complet ne se compare pas à un profil qui a seulement utilisé l’outil. L’expérience de la mécanisation et de la robotisation prend une valeur croissante à mesure que les sites s’automatisent. L’anglais opérationnel devient un prérequis au-delà d’un certain niveau de responsabilité, particulièrement chez les prestataires internationaux. Et la conduite de projet de transformation, qu’il s’agisse d’une refonte de réseau ou d’un plan de décarbonation, reste le meilleur accélérateur de carrière de la filière.

Pourquoi les salaires montent

Sur les dix-huit derniers mois, nous constatons une progression de 5 à 8 % par an sur les packages cadres.

Plusieurs mouvements se combinent. La pénurie de profils confirmés sur l’encadrement est durable. Les relocalisations industrielles créent de nouveaux besoins en pilotage logistique en France. La mécanisation des entrepôts valorise mécaniquement les compétences techniques. Et les rattrapages consécutifs à l’inflation de 2022 ont durablement rehaussé les grilles.

En sens inverse, l’intérim opérationnel ralentit. Les rémunérations des préparateurs et des caristes progressent moins vite que celles des fonctions cadres, et certaines zones connaissent un recul du volume d’offres.

Vous recrutez en logistique ou en transport ?

Le recrutement logistique est l’un des plus tendus du marché, particulièrement sur le transport et l’exploitation. Une grille décalée de quelques milliers d’euros suffit à ne recevoir aucune réponse en approche directe.

Faites appel à un cabinet qui connaît les fourchettes réelles et les profils disponibles : cabinet de recrutement spécialisé en logistique ou cabinet de recrutement spécialisé en transport.

Contactez Yann Nabusset au 06 07 19 22 29 ou à yann@amalo.fr.

Vous cherchez un poste en logistique ?

Découvrez nos offres d’emploi en logistique ou envoyez-nous une candidature spontanée.

Questions fréquentes

Quel est le métier le mieux payé de la logistique ?

Le directeur logistique, avec un haut de fourchette à 200 000 euros bruts annuels sur les grands groupes. Il devance le directeur transport, qui atteint 150 000 euros, et le consultant logistique senior, à 130 000 euros.

Quel est le métier le plus difficile à recruter en logistique ?

Le chauffeur poids lourd, seul métier de la filière noté 5 sur 5. Viennent ensuite le préparateur de commandes, le cariste, le chauffeur livreur, l’exploitant transport, le déclarant en douane et le gestionnaire transport externe, tous à 4 sur 5.

Combien de temps faut-il pour recruter en logistique ?

Quatre semaines en moyenne entre le lancement de la mission et la signature. Les postes les plus tendus, exploitation transport et déclaration en douane, montent à sept ou huit semaines, quand l’assistanat logistique se signe en trois.

La logistique paie-t-elle bien ?

La filière souffre d’une réputation qui ne correspond plus à la réalité. Les fonctions opérateurs restent contraintes, proches du salaire minimum, mais l’encadrement, les profils techniques et la direction ont vu leurs rémunérations progresser fortement depuis 2022.

Ces chiffres incluent-ils la part variable ?

Oui. Les montants correspondent à la rémunération brute annuelle globale, part variable comprise, hors intéressement, participation et avantages en nature.

Comment situer une offre par rapport à cette grille ?

Prenez la fourchette du niveau d’expérience concerné, appliquez l’écart de votre bassin, puis regardez l’indice de tension. Si le poste est noté 4 ou 5, positionnez-vous dans le tiers supérieur : en dessous, vous n’obtiendrez pas de réponse en approche directe.

Reprise et citation

Cette étude est librement citable et reproductible, en partie ou en totalité, par les médias, les écoles, les fédérations professionnelles et les entreprises, sous réserve de mentionner la source sous la forme « Baromètre Amalo des rémunérations 2026 » accompagnée d’un lien vers cette page. Les tableaux peuvent être reproduits dans les mêmes conditions.

Pour toute demande de données complémentaires, de déclinaison sectorielle ou régionale, ou d’interview, écrivez à yann@amalo.fr.

Étude de rémunération établie et rédigée par Yann Nabusset, fondateur du cabinet de recrutement spécialisé AMALO, diplômé d’un master en achats, logistique et distribution.

Publié le 16 août 2026

A propos de l'auteur
Yann NABUSSET
Fondateur du cabinet de recrutement AMALO
Diplômé d'un Master en achats, logistique et distribution. 👨🏻‍🎓
Recruteur sur les métiers techniques depuis plus de 10 ans 🥲
Je parle emploi, recrutement, industrie, logistique et supply chain.
N'hésitez pas à me suivre sur Linkedin 👇