Qu’est-ce que la supply chain ? Définition, fonctionnement et enjeux 2026
La supply chain est devenue en quelques années un sujet de comité exécutif et même de table des chefs d’État. Pandémie, blocage du canal de Suez, guerre en Ukraine, hausse des droits de douane américains, montée en puissance de l’intelligence artificielle générative : tout ce qui s’est passé depuis 2020 a placé la chaîne d’approvisionnement au cœur de la performance et de la résilience des entreprises. La supply chain n’est plus une fonction support, c’est un avantage concurrentiel mesurable et une zone d’investissement majeure.
Dans cet article, je vous propose une définition complète et actualisée de la supply chain, son fonctionnement, ses différences avec la logistique, ses indicateurs de performance et ses enjeux pour 2026. Une vision de praticien, fondée sur plus de dix ans de recrutements pour des dizaines d’entreprises industrielles, distributeurs et prestataires. 🥁
Définition de la supply chain
La supply chain, traduite en français par chaîne d’approvisionnement ou chaîne logistique globale, désigne l’ensemble des activités, des acteurs et des flux qui permettent de transformer une matière première en produit fini livré au client final. Elle relie tous les maillons d’une création de valeur, depuis le fournisseur du fournisseur jusqu’au client du client, en coordonnant trois grands types de flux : les flux physiques de marchandises, les flux d’informations et les flux financiers.
La supply chain est donc bien plus qu’une fonction logistique. C’est un système qui orchestre la production, le sourcing, le stockage, le transport, la planification, les achats, la distribution, le service après-vente et même la gestion des retours. Elle pilote les arbitrages entre coût, niveau de service et stocks, et c’est sur cette discipline que se joue aujourd’hui une grande partie de la compétitivité industrielle.

Ce qu’il faut retenir de la supply chain
👉 Une chaîne stratégique et globale : la supply chain orchestre tous les flux d’une entreprise, du fournisseur de matières premières jusqu’au client final, en passant par la production, le stockage et la distribution.
👉 Bien plus que de la logistique : la logistique n’est qu’une composante de la supply chain. Cette dernière intègre aussi la planification, les achats, la prévision de la demande, la gestion des données, le pilotage des partenaires, la gestion des risques et la mesure de la performance.
👉 Un levier de compétitivité majeur : une supply chain bien pilotée permet de réduire les coûts, de fiabiliser les délais, d’améliorer le taux de service client et d’optimiser le besoin en fonds de roulement.
👉 Une transformation digitale incontournable : ERP, TMS, WMS, APS, intelligence artificielle, jumeaux numériques, blockchain, control towers transforment en profondeur le pilotage des flux.
👉 Des enjeux économiques, géopolitiques et environnementaux : depuis 2020, la résilience, la souveraineté industrielle, la décarbonation et l’éthique des chaînes sont devenues des sujets de premier plan, au même niveau que la performance opérationnelle.
Aux origines du concept de supply chain
Le terme supply chain est apparu en 1958 dans les travaux de Jay Wright Forrester, professeur au MIT et fondateur de la dynamique des systèmes. Forrester a montré comment des variations modestes de la demande client pouvaient se transformer en oscillations massives en remontant la chaîne (effet bullwhip ou effet coup de fouet), donnant naissance à toute une discipline d’optimisation des flux.
Le concept a pris une dimension stratégique dans les années 1980, avec l’émergence du juste-à-temps japonais, puis dans les années 1990 avec l’essor du Supply Chain Management. La mondialisation des années 2000 et l’explosion du e-commerce dans les années 2010 ont fait de la supply chain un sujet de plus en plus complexe, avant que la crise sanitaire de 2020 ne propulse cette discipline sur le devant de la scène. Depuis, aucun grand sujet économique, qu’il s’agisse de pénuries de semi-conducteurs, de hausse des taux de fret, de relocalisation industrielle ou de droits de douane américains, ne se traite sans intégrer une dimension supply chain.
Supply chain, logistique, chaîne d’approvisionnement : les différences
Beaucoup d’opérationnels confondent ces trois termes ou les utilisent comme synonymes. La distinction utile est pourtant la suivante.
| Notion | Périmètre | Horizon | Vocation |
|---|---|---|---|
| Supply chain | Du fournisseur du fournisseur au client du client | Stratégique et tactique | Vision globale, arbitrages, pilotage |
| Logistique | Stockage, transport, manutention, distribution | Tactique et opérationnel | Exécution des flux physiques |
| Chaîne d’approvisionnement | Synonyme français de supply chain | Identique | Identique |
La supply chain est une discipline de pilotage global qui couvre la planification, les achats, la production, la logistique et la distribution. Elle s’inscrit dans une perspective stratégique avec une vision de bout en bout. La logistique, elle, est une composante opérationnelle de la supply chain qui se concentre sur l’exécution des flux physiques : gestion d’entrepôt, transport, manutention, distribution. La chaîne d’approvisionnement, enfin, est la traduction française la plus courante de supply chain, et les deux termes sont aujourd’hui utilisés de manière interchangeable dans la littérature et dans les entreprises françaises.
Une autre image utile : la logistique répond à la question « comment ? » (comment je transporte, comment je stocke, comment je livre), tandis que la supply chain répond à la question « pourquoi ? » et « avec quels arbitrages ? » (pourquoi cette quantité, pourquoi cette implantation, quel équilibre entre coût et niveau de service).
Pour aller plus loin, consultez notre article dédié sur les différences entre supply chain et logistique.
![SUPPLY CHAIN - [GUIDE COMPLET 2026] - Gestion de la chaîne d'approvisionnement](https://www.amalo-recrutement.fr/app/uploads/2019/12/quest-ce-que-la-supply-chain-d%C3%A9finition-1024x879.jpg)
Le parcours d’un produit, de la matière première au client final 🍅
Pour rendre tout cela concret, prenons l’exemple d’un pot de sauce tomate qui arrive sur les rayons d’un supermarché parisien.
L’histoire commence dans une exploitation agricole italienne où des tomates sont cultivées, récoltées puis triées. Elles transitent ensuite vers un grossiste qui les stocke quelques jours dans des conditions thermiques contrôlées. Le grossiste expédie sa marchandise vers une usine de transformation, qui ajoute les autres ingrédients (sel, herbes, huile), procède à la cuisson, à la mise en pot, à l’étiquetage et au conditionnement en palettes. Les palettes sont ensuite acheminées vers un hub logistique situé sur la dorsale logistique européenne, où elles sont éventuellement reconditionnées en fonction des destinations finales. De là, elles partent vers un entrepôt régional du distributeur, puis vers le supermarché, où le pot rejoint enfin son rayon.
Sur ce parcours apparemment simple, la supply chain a coordonné une dizaine d’acteurs (producteurs, transporteurs, transformateurs, plateformes, distributeurs), trois ou quatre modes de transport, plusieurs systèmes informatiques (ERP, WMS, TMS), des dizaines de transactions financières et un volume considérable de données partagées. Et tout cela doit fonctionner en flux tendu, dans le respect de la chaîne du froid, des règles douanières, des normes sanitaires et des engagements de délais pris auprès du distributeur.
C’est cette orchestration silencieuse qui définit la supply chain. Quand elle fonctionne, le client trouve son pot au prix attendu. Quand elle se grippe, la rupture est immédiate.
Les trois flux essentiels de la supply chain
Une supply chain performante repose sur la maîtrise simultanée de trois flux interdépendants. Chacun a sa logique, ses outils et ses pièges.
| Flux | Définition | Fonctions principales | Outils clés |
|---|---|---|---|
| Flux physiques 📦 | Déplacement et stockage des marchandises | Approvisionnement, production, stockage, transport | WMS, GPAO, TMS |
| Flux d’informations 💻 | Données partagées entre acteurs | Catalogues, prévisions, indicateurs, traçabilité | ERP, APS, EDI |
| Flux financiers 💰 | Transactions et engagements financiers | Commandes, factures, paiements, garanties | ERP, plateformes comptables |
Les flux physiques
Les flux physiques regroupent tout ce qui se déplace ou se stocke matériellement, depuis les matières premières jusqu’au produit fini livré chez le client. Cela inclut l’approvisionnement auprès des fournisseurs, la production, la maintenance industrielle des outils qui permettent cette production, le stockage en entrepôt, le transport et la distribution finale. Ces flux sont pilotés au quotidien par des approvisionneurs, des ordonnanceurs, des chefs d’atelier, des responsables de production et des responsables logistique, avec l’appui d’outils spécialisés comme les WMS pour les entrepôts ou les TMS pour le transport.
Les flux d’informations
Les flux d’informations sont le système nerveux de la supply chain. Ils transportent les commandes, les prévisions, les indicateurs de performance, les caractéristiques produits, les données fournisseurs, les statuts d’expédition, les informations de traçabilité. Sans information fiable et partagée en temps réel, la coordination des autres flux devient impossible. C’est pour cela que les ERP occupent une place centrale dans toute supply chain mature : ils centralisent l’information et permettent de la diffuser à tous les acteurs concernés. Sur les fonctions plus avancées (prévision de la demande, planification industrielle), des outils dédiés comme les APS (Advanced Planning System) prennent le relais.
Les flux financiers et administratifs
Les flux financiers et administratifs assurent la cohérence économique de la chaîne. Ils couvrent le traitement des commandes, l’émission des factures, le contrôle des paiements fournisseurs, le suivi des encours clients, la gestion des garanties bancaires et les conditions douanières à l’international. Souvent gérés par les services achats, administration des ventes et finance, ils ont un impact direct sur le besoin en fonds de roulement et sur la trésorerie. Un retard administratif sur un dédouanement ou une facture peut bloquer toute une chaîne, même si les flux physiques sont parfaitement organisés.
Les grands modèles de supply chain
Il n’existe pas un modèle unique de supply chain. Les entreprises adaptent leur stratégie en fonction de la nature de leurs produits, de la volatilité de leur demande et de leur positionnement marché. Cinq grands modèles se distinguent.
La supply chain lean vise à éliminer toute forme de gaspillage et à minimiser les stocks. Inspirée du système de production Toyota, elle repose sur le juste-à-temps, le tirage par la demande aval (pull) et l’amélioration continue. C’est le modèle de référence dans l’automobile, dans une partie de l’industrie manufacturière et dans la grande distribution.
La supply chain agile privilégie au contraire la capacité à répondre rapidement à des variations imprévues de la demande. Elle conserve volontairement un peu plus de stocks ou de capacité disponible pour pouvoir absorber les pics. C’est le modèle dominant dans la mode rapide, l’électronique grand public ou les produits saisonniers.
La supply chain hybride combine les deux approches : un fonctionnement lean sur la partie de la demande prévisible et stable, et un fonctionnement agile sur la partie volatile. La plupart des grandes entreprises évoluent aujourd’hui vers ce modèle hybride, parfois appelé leagile.
La supply chain push déclenche les flux à partir des prévisions amont. On produit en anticipation puis on pousse vers le client. C’est le modèle historique de l’industrie de masse.
La supply chain pull déclenche les flux à partir de la demande réelle. C’est le modèle dominant aujourd’hui dans le e-commerce et dans une partie de la distribution.
À côté de ces grands modèles, le DDMRP (Demand Driven Material Requirements Planning) s’est imposé depuis quelques années comme une alternative crédible aux logiques classiques de planification. En positionnant des stocks tampons à des points stratégiques de la chaîne, le DDMRP permet de découpler la production des aléas de la demande, ce qui améliore à la fois la résilience et le niveau de service.

Le Supply Chain Management (SCM) en pratique
Le Supply Chain Management (SCM) désigne la gestion intégrée et coordonnée de l’ensemble des opérations de la chaîne d’approvisionnement. Il couvre la planification stratégique, l’exécution opérationnelle et le contrôle de la performance, du sourcing des matières premières jusqu’à la livraison au client final, en intégrant désormais aussi la reverse logistics (gestion des retours).
Le SCM moderne s’articule autour de quatre piliers interconnectés.
| Pilier | Objectif | Outils clés |
|---|---|---|
| Agréger l’information | Collecter les données critiques | ERP, GPAO, GMAO, CRM, SRM |
| Traiter l’information | Analyser, prévoir, planifier | APS, jumeaux numériques, IA |
| Centraliser la vision | Partager la vision globale | Control tower, plateformes collaboratives |
| Mesurer la performance | Évaluer et améliorer | KPI, S&OP, S&OE |
Une démarche centrale du SCM mérite d’être détaillée : le S&OP, ou Sales and Operations Planning. Il s’agit d’un processus mensuel qui réunit les directions commerciale, financière, achats et industrielle autour d’un plan unique. L’objectif est d’aligner les prévisions de demande, les capacités de production, les stocks et les engagements financiers sur un horizon de 6 à 18 mois. Le S&OP s’est imposé comme le rendez-vous incontournable de toute supply chain mature. Sa déclinaison court terme, le S&OE (Sales and Operations Execution), opère sur un horizon de quelques semaines pour gérer les aléas du quotidien.
L’autre concept-clé du SCM moderne est la control tower, ou tour de contrôle. Il s’agit d’un dispositif technologique et organisationnel qui consolide en temps réel toutes les informations critiques de la chaîne (commandes, stocks, transports, alertes fournisseurs) sur un tableau de bord unique. Les meilleurs control towers intègrent désormais des capacités prédictives basées sur l’IA, capables d’anticiper les ruptures avant qu’elles ne se produisent.
Pour approfondir, consultez notre article dédié au Supply Chain Management ainsi que notre guide sur comment optimiser sa supply chain.
Les indicateurs clés de performance (KPI) à connaître
On ne pilote bien que ce que l’on mesure. La supply chain a développé un ensemble de KPI standardisés que tout professionnel doit maîtriser.
L’OTIF (On Time In Full) mesure le pourcentage de commandes livrées au client à la date promise et en quantité complète. C’est l’indicateur reine du niveau de service, surveillé par tous les directeurs supply chain. Un OTIF inférieur à 95 % est généralement considéré comme un signal d’alerte sur des marchés exigeants.
Le taux de service est une variante plus large qui mesure la capacité à satisfaire la demande client, qu’elle soit exprimée en lignes de commande, en quantités ou en valeur.
Le lead time, ou délai de mise à disposition, mesure le temps qui s’écoule entre la commande et la livraison. C’est un indicateur clé d’agilité, surveillé sur l’ensemble de la chaîne.
Le taux de rotation des stocks mesure le nombre de fois où le stock est entièrement renouvelé sur une période. Plus il est élevé, plus le besoin en fonds de roulement est faible. Sur un produit standard de grande consommation, on attend des taux de rotation de 12 à 20 par an, alors que sur des produits techniques à long cycle, des valeurs de 3 à 5 sont normales.
Le DSI (Days Sales of Inventory) mesure le nombre de jours de vente que représente le stock en cours. Plus il est bas, plus la supply chain est efficace.
Le forecast accuracy mesure la qualité des prévisions de demande. Une bonne prévision permet de réduire les stocks tout en maintenant le niveau de service.
Le coût total de la supply chain rapporté au chiffre d’affaires (en pourcentage) est l’indicateur de pilotage économique global. Selon les secteurs et les modèles, il peut osciller entre 4 % (industrie pharmaceutique) et 15 % (distribution de produits volumineux).
Enfin, depuis quelques années, l’empreinte carbone par unité produite ou livrée s’est imposée comme un KPI à part entière, intégré dans le reporting CSRD des entreprises européennes. Pour aller plus loin sur les enjeux durables, consultez notre dossier sur la supply chain verte.
Les enjeux et défis de la supply chain en 2026
Quatre grands chantiers structurent la supply chain en 2026.
La résilience face aux chocs
La pandémie de 2020 a marqué un tournant. Avant, les supply chains étaient optimisées pour le coût. Depuis, elles le sont aussi pour la résilience. Cela passe par la diversification des sources d’approvisionnement, la mise en place de stocks tampons stratégiques, la nearshoring de certaines productions critiques et la cartographie fine des dépendances jusqu’aux fournisseurs de rang 2 ou 3. Les tensions géopolitiques (guerre en Ukraine, tensions en mer Rouge, droits de douane américains de 2025, restrictions sur les semi-conducteurs et les terres rares) ont accéléré ce mouvement. La souveraineté industrielle est désormais un sujet de stratégie d’entreprise.
L’intégration de l’intelligence artificielle
L’IA générative et l’IA prédictive transforment en profondeur le pilotage de la supply chain. Les modèles de prévision de la demande basés sur le machine learning surpassent désormais largement les méthodes statistiques classiques. Les agents IA capables de gérer en autonomie certaines tâches de planification ou de réordonnancement émergent dans les grands groupes. Les jumeaux numériques permettent de simuler en temps réel l’impact d’un événement sur l’ensemble de la chaîne. Le marché des solutions IA dédiées à la supply chain croît à un rythme de plus de 20 % par an selon les analyses Gartner et Statista.
La décarbonation et la responsabilité
La supply chain représente une part majeure de l’empreinte carbone des entreprises, souvent plus de 80 % des émissions Scope 3. Les obligations réglementaires (CSRD, taxe carbone aux frontières européennes, devoir de vigilance) et la pression des consommateurs convergent pour faire de la décarbonation un sujet de premier plan. Cela passe par le report modal, l’optimisation des taux de remplissage, l’économie circulaire, la relocalisation et l’écoconception des produits. À cela s’ajoute la dimension éthique, avec une exigence croissante de transparence sur les conditions de travail dans les chaînes de sous-traitance.
La digitalisation et la donnée
Une étude récente du cabinet Gartner estimait que 67 % des gestionnaires supply chain utilisaient encore Excel comme outil principal de pilotage il y a quelques années. Ce chiffre est en baisse rapide. La digitalisation passe par le déploiement d’ERP modernes, l’interconnexion des systèmes via EDI ou API, la mise en place de plateformes collaboratives avec les partenaires, et la construction de data lakes capables d’alimenter les modèles d’IA. Les entreprises qui ont pris du retard sur ce chantier souffrent désormais d’un déficit de compétitivité difficile à rattraper.
Les outils technologiques de la supply chain moderne
L’écosystème technologique de la supply chain s’est densifié au point qu’il est devenu un domaine d’expertise à part entière. Les principaux outils à connaître sont les suivants.
L’ERP (Enterprise Resource Planning) est le système central qui consolide les données financières, commerciales, achats, production et logistiques. SAP, Oracle, Microsoft Dynamics dominent le marché des grandes entreprises ; Sage, Cegid, Odoo couvrent le mid-market.
Le WMS (Warehouse Management System) pilote les opérations d’entrepôt : réception, mise en stock, préparation de commandes, expédition.
Le TMS (Transport Management System) optimise les opérations de transport : choix des transporteurs, plans de chargement, suivi des expéditions, gestion documentaire.
L’APS (Advanced Planning System) prend le relais de l’ERP sur la planification industrielle et la prévision de la demande, avec des capacités algorithmiques avancées.
Le MRP (Material Requirements Planning) calcule les besoins en composants à partir des prévisions de production. Sa version pilotée par la demande est le DDMRP évoqué plus haut.
L’EDI (Échange de Données Informatisé) automatise les échanges entre entreprises (commandes, factures, avis d’expédition).
Les solutions de CRM (Customer Relationship Management) et de SRM (Supplier Relationship Management) gèrent respectivement les relations clients et fournisseurs.
À ces outils s’ajoutent désormais les plateformes de visibilité supply chain (control towers), les solutions de prévision IA, les jumeaux numériques pour la simulation, et les solutions de traçabilité blockchain pour les filières sensibles (pharma, agroalimentaire, luxe).
Les métiers et formations de la supply chain
La supply chain offre un éventail très large de métiers, des fonctions opérationnelles d’exécution aux postes de direction stratégique. C’est l’un des secteurs les plus dynamiques en France en termes de recrutement, avec des tensions persistantes sur l’encadrement intermédiaire et les profils data.
Côté pilotage stratégique, on trouve le directeur supply chain, le directeur des opérations, le directeur logistique et le directeur industriel.
Côté management opérationnel, le supply chain manager, le responsable logistique, le responsable de production et le responsable ADV constituent l’ossature des organisations.
Côté expertise métier, on trouve le demand planner, le planificateur de production, l’approvisionneur, l’ordonnanceur, l’acheteur industriel, le chef de projet supply chain et le gestionnaire ADV.
Côté formation, contrairement à la logistique opérationnelle accessible avec des parcours plus courts, la supply chain recrute principalement à Bac+2 minimum et plutôt à Bac+5 sur les fonctions stratégiques. Les principales formations recherchées sont les BTS Commerce International et Transport, les DUT GLT, les licences professionnelles en management des opérations logistiques, les masters spécialisés (ISLI Kedge, Dauphine Supply Chain Internationale, IAE Grenoble, ESDES), les diplômes d’ingénieurs comme Arts et Métiers, et les MBA dédiés (Pôle Léonard de Vinci par exemple).
Les salaires varient fortement selon le poste et la séniorité. Pour aller plus loin, consultez notre grille des salaires en supply chain et notre dossier pourquoi travailler dans la supply chain.
FAQ sur la supply chain
La supply chain désigne le pilotage global et stratégique de tous les flux d’une entreprise, du fournisseur du fournisseur au client du client. La logistique est une composante opérationnelle de la supply chain, centrée sur l’exécution des flux physiques (stockage, transport, manutention, distribution). La supply chain pose les arbitrages, la logistique les exécute.
Cela dépend de l’organisation. Dans certaines entreprises, les achats sont rattachés à la supply chain, ce qui facilite la coordination entre sourcing et planification. Dans d’autres, ils relèvent d’une direction séparée. La tendance actuelle est plutôt à l’intégration, au moins sur les achats opérationnels et de production.
Très souvent oui. L’administration des ventes pilote le traitement des commandes clients et l’interface avec la production et la logistique, ce qui en fait un maillon naturel du périmètre supply chain. Dans certaines entreprises, l’ADV est cependant rattachée à la direction commerciale ou à la finance.
Les salaires en supply chain sont globalement attractifs, en particulier sur les fonctions de pilotage et de management. Un demand planner expérimenté ou un supply chain manager se positionnent très convenablement, et un directeur supply chain de groupe industriel atteint des niveaux comparables aux directions générales fonctionnelles. Pour le détail, consultez notre grille des salaires supply chain.
La supply chain recrute principalement à Bac+2 minimum et plutôt Bac+5 sur les fonctions stratégiques. Les BTS et DUT mènent aux postes opérationnels. Les masters spécialisés (ISLI Kedge, Dauphine, IAE Grenoble, ESDES, Arts et Métiers) ouvrent les fonctions de management et d’expertise. La dimension internationale est de plus en plus valorisée.
Plusieurs trajectoires sont possibles : demand planner, approvisionneur, ordonnanceur, planificateur, chef de projet supply chain, supply chain analyst, consultant en cabinet de conseil. Avec quelques années d’expérience, on évolue vers supply chain manager, responsable supply chain régional puis directeur supply chain.
Le S&OP (Sales and Operations Planning) est un processus mensuel qui aligne la direction commerciale, la finance, les achats et la production autour d’un plan unique sur un horizon de 6 à 18 mois. C’est l’un des rendez-vous clés de toute supply chain mature. Sa déclinaison opérationnelle court terme s’appelle le S&OE.
Une control tower est un dispositif technologique et organisationnel qui consolide en temps réel toutes les informations critiques d’une supply chain (commandes, stocks, transports, alertes) sur un tableau de bord unique. Les control towers modernes intègrent des capacités prédictives basées sur l’intelligence artificielle.
Vous recrutez sur les métiers de la supply chain ?
Recruter dans la supply chain demande une connaissance fine des métiers, des outils et des enjeux propres à chaque secteur. Industrie manufacturière, distribution, e-commerce, pharmaceutique, agroalimentaire, automobile : chaque environnement a ses codes, ses contraintes et ses profils. Chez Amalo, nous accompagnons depuis plus de dix ans les entreprises industrielles, les distributeurs et les prestataires logistiques sur leurs recrutements supply chain, du demand planner au directeur de la chaîne d’approvisionnement.
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Vous avez aimé cet article ou vous trouvez un angle manquant ? Le débat est ouvert, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour enrichir cette définition collective de la supply chain.




Je veux travailler avec vous
Bel article, très complet !
Merci. 🙏🏻
merci
Trés belle analyse de la supply chain.
Aprés avoir parlé la notion de reverse logistic due à la montée en puissance du e-commerce, il serait intéressant d’aborder la notion dropshipping intervenant toujours dans le cadre du e-commerce.
Salutations.
JLM
Bonjour,
En effet la reverse logitic est un point important avec la montée en puissance du E-commerce dont les taux de retours qui peuvent atteindre 15 à 20% selon la politique commerciale. Cela nécessite souvent des processus et des compétences adaptées voir même des espaces de stockage à part entière pour optimiser la remise en vente.
Mais sinon un article intéressant que je partage !
Merci pour ce commentaire. La reverse logistique fera l’objet d’un billet prochainement.
Ca y est, le sujet sur la reverse logistics a été fait : https://www.amalo-recrutement.fr/blog/reverse-logistics-definition-quest-ce-que/
Dans l’entreprise il y a des hommes et la confiance entre ces hommes est aussi source de gain et d’efficacité. Ces interactions interpersonnelles sont le cœur de l’amélioration continue de ces processus.
Merci Lallia
Un très bel article., bravo ! J’y ajouterais l’incarnation au sein de l’entreprise de cette fonction par le/la supply chain manager (profils, positionnement..).
merci pour ce retour. Nous avons fait une fiche métier pour le directeur supply chain qui devrait vous intéresser.
En intégrant la Reverse Logistique, vous appréhenderez encore plus la nécessiter de savoir gérer sa Supply Chain
Bonjour,
Bien joué, bon article. Processus S&OP ? Anticipation ? APS ? La SC doit accompagner (voire devancer) la stratégie de l’entreprise. Elle doit être en anticipation et non réaction. La SC doit savoir quand et où les problèmes vont survenir afin de prévenir, d’où anticipation et donc gestion de data.
RL
Merci Richard. Ravi de vous compter parmi nos lecteurs. N’hésitez pas à partager l’article sur vos réseaux sociaux.
C’est fait !
Richard
Excellent. Merci. Au plaisir de vous rencontrer.